Documents
Les communiqué de World-Net à ses
abonnés
Pourquoi le fournisseur d'accès
indépendant soutient l'appel au boycottage du Web.
Un «contre mouvement»?
Des internautes expriment leur désaccord avec le mouvement de boycottage.
Les revendications de l'ADIM
Ce que demande
l'Association des Internautes Mécontents.
La communiqués d'IMC
Les revendications
de l'association Internet Moins Cher.
Le message aux députés
Le courrier
électronique envoyé
par l'Association des Internautes mécontents (ADIM) et IMC à 300 parlementaires.
La déclaration de Laurent Fabius
La position du président
de l'Assemblée nationale
sur les tarifs d'accès au réseau, lors du colloque "Vers l'administration
électronique", le 4 décembre au Palais Bourbon.
Le soutien d'Alain Madelin
Pourquoi le président
de Démocratie Libérale
soutient le mouvement de boycottage.
La position de France Telecom
Vous retrouverez lundi les documents de France Télécom envoyés
à Libération.com.
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Logo sur la page d'accueil
de l'ADIM, le 13 décembre, jour de boycottage.
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Jour de «grève»
Les questions soulevées par le boycottage
Dimanche 13 décembre
Stéphane Arteta
'est
aujourd'hui qu'a lieu le premier boycottage du Net en France et certains d'entre
vous, refusant de se connecter pour protester contre le tarif des communications
d'accès, ne liront pas cet article avant lundi. Combien d'internautes auront
finalement choisi de suivre les consignes des différentes associations d'internautes
(rejointes par certaines associations de consommateurs) ? A la mi-journée,
le fournisseur d'accès indépendant World-Net, qui soutient le mouvement,
affirme que plus de 50% de ses 50 000 abonnés ont répondu présents
à l'appel des associations. Un chiffre qui, s'il est exact, n'est peut-être
pas sans rapport avec un engagement largement diffusé auprès de ses
abonnés.
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La page d'accueil du
fournisseur d'accès World-Net, le 13 décembre, jour de boycottage.
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L'Association des internautes mécontents (Adim) parle également de
succès. Son président, Patrick Nouailles, dit en effet avoir reçu
quelque 10.000 messages de soutien d'internautes promettant de ne pas se connecter.
France Télécom, de son côté, n'a pas encore fourni de
chiffres. L'opérateur sera indéniablement le plus à même
de mesurer l'impact du boycottage, grâce à Transpac. Il devrait diffuser
des chiffres lundi, si l'on en croit la chaîne d'information LCI. Le fera-t-il
en toute transparence?
Après Laurent Fabius, président de l'Assemblée nationale, Alain
Madelin, président de Démocratie libérale, s'est exprimé
vendredi en faveur d'une baisse des «tarifs pratiqués par France Télécom
pour la connexion à l'Internet», les considérant comme un «frein
à la popularisation de l'Internet en France». Pour ces raisons, Alain
Madelin s'est manifesté en faveur du boycottage. Dans un communiqué
de presse envoyé aux rédactions vendredi, le président de Démocratie
Libérale à également affirmé que le site de son parti afficherait
«une page noire», le dimanche 13.
Ces prises de position d'hommes politiques semblent confirmer
que la décision de baisser les tarifs pourrait venir des députés,
s'ils décident de s'emparer de la question. Car France Télécom,
qui ne souhaite pas instaurer un forfait global à bas prix, n'a pas toute
latitude pour donner, même en partie, satisfaction aux contestataires. Échaudé
par les avis négatifs
de l'ART (Autorité de régulation des télécoms) sur ses
propositions d'accès au réseau à petit prix (comme l'offre personnalisée
aux écoles ou la deuxième ligne forfaitisée), France Télécom
ne veut pas être désigné comme le responsable d'un frein au développement
de l'Internet dans l'Hexagone. Son président, Michel Bon, exprimait d'ailleurs
dimanche, sur France Info, la volonté de son entreprise de baisser les coûts
d'accès si on lui en laissait la possibilité, visant ainsi l'ART et
la rigidité de ses positions. L'ART, pour sa part, ne s'en tient qu'à
la législation. Elle ne veut donner un blanc-seing à des projets facturés
en deçà de leurs coûts ou approuver des offres incompatibles
avec une situation de monopole sur la boucle locale. Reste que si France Télécom
se dit prêt à faire des efforts -et souligne qu'il en fait déjà-,
l'opérateur ne semble pas décidé pour autant à accepter
l'idée d'un forfait global et préfère insister sur d'autres
points: les prix d'accès en France sont dans la moyenne, voire en dessous,
de ceux des autres pays européens, et la facture moyenne d'un internaute français
est inférieure à 140 francs par mois. Quant au modèle américain
(prix des communications locales dérisoire), il ne serait pas la panacée,
les utilisateurs ayant dû s'équiper d'une deuxième, voire d'une
troisième ligne, pour naviguer dans de bonnes conditions, après la
saturation du système. Car selon l'entreprise, comme le souligne Patrick Thielemans,
adjoint chef de son service presse, le principal enjeu est de «libérer
la ligne». «Si on veut faire progresser l'Internet en France, il faut
trouver une solution qui ne nuise pas à la ligne téléphonique»,
précise-t-il. Et puis un afflux d'utilisateurs entraînera forcément
des dépenses (travaux) que l'opérateur ne veut pas être le seul
à assumer... Persuadé que personne d'autre n'acceptera de mettre la
main au portefeuille. Michel Bon a également déclaré dimanche
que la baisse des prix ne serait pas profitable pour tout le monde, notamment pour
les opérateurs «entrants», qui n'auraient aucun intérêt
à voir s'effondrer les prix. Si France Télécom envisage de faire
des propositions (comme l'extension
de la réduction Primaliste Internet, qui pourrait débuter à
19 heures contre 22 heures actuellement), il insiste aussi sur le frein que constitue
le prix de l'équipement nécessaire à la navigation sur le Net
(ordinateur, modem...) pour les plus modestes. «Aux États-Unis, qu'on
nous présente comme un modèle, seul un foyer sur 5 est équipé»,
explique Patrick Thielemans. D'ailleurs, toujours d'après France Télécom,
certains envisageraient outre-Atlantique de tarifer, non plus à la durée
mais au volume (kilo-octets).
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La page d'accueil de
France Télécom à la une, le 13 décembre. Rien sur le
boycott.
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Doit-on désigner France Télécom
comme responsable de la lenteur dans le développement du Net en France, retard
que souligne notamment l'Aftel (Association française de la télématique
multimédia) dans son rapport annuel? Non. En tout cas, pas dans la mesure
où l'opérateur n'a pas les mains libres. D'ailleurs, tout le monde
ne l'accable pas. Si plusieurs providers affichent clairement leur soutien (World-Net),
ou plus discrètement (Club Internet), Infonie ne veut «pas crier haro
sur France Télécom» comme l'exprime Christophe Sapet, son PDG
-et président de l'Association des fournisseurs d'accès (AFA)-, ajoutant
que «si les communications locales sont encore un peu chères, globalement
le tarif en France est l'un des moins chers d'Europe».
Peut-on pour autant dégager l'opérateur de toute responsabilité?
Non plus. Car France Télécom a des intérêts économiques
qui ne vont pas nécessairement dans le sens des revendications des associations.
France Télécom ne voit sans doute pas d'un bon oeil une diminution
d'une part de ces revenus, qu'une baisse forfaitaire globale (plus encore que l'arrivée
de la concurrence) ne manquerait pas d'entraîner. Les associations -et certains
concurrents-, de France Télécom, ne manquent pas de souligner que l'entreprise
cherche avant tout à multiplier les lignes téléphoniques, à
défendre ses produits, ou cherche à gagner du temps pour s'imposer
sur les nouveaux moyens d'accès. On lui reproche ainsi de freiner des quatre
fers sur l'ADSL (moyen d'accès ultrarapide),
Quant aux associations d'internautes, elles sont aussi mises sur la sellette, certains
les accusant (notamment dans quelques forums) de défendre des intérêts
particuliers, de ne pas assumer l'intensité des connexions de leurs membres
ou de vouloir régler son compte à Wanadoo, le provider de France Télécom
Interactive. Toutes les associations n'ayant pas les mêmes exigences -même
si l'idée commune est de faire baisser le coût des communications-,
on ne doit pas s'attendre à un discours unitaire. Des internautes intransigeants
ne veulent discuter que d'un forfait global, quand d'autres seraient prêt à
transiger avec un forfait pour les «gros» utilisateurs allant de pair
avec des réductions importantes pour les autres. Des solutions adaptées,
donc, mais pas forcément celles que leur propose l'entreprise de Michel Bon.
Logiquement, une grande partie des internautes dont la facture atteint, ou excède,
800 francs par mois, ou dont la part Internet représente jusqu'à 80%
de la facture téléphonique, rêvent plutôt d'un forfait
à l'italienne (850 francs
par an pour 4 heures de connexions par jour ont décidé les parlementaires
transalpins), alors que d'autres, moins intensifs, ne se sentent pas concernés
par ce boycottage. Reste que la majorité des internautes semble d'accord avec
les associations à l'origine de cette «grève» (ce qui n'est
guère étonnant puisqu'elle consiste à alléger leur facture),
même si tous n'auront pas éteint leur modem ce dimanche ou n'auront
pas fermé leur site. Médiatiquement, le mouvement est une réussite
si on écoute les radios et télés qui en rendent compte ce dimanche.
Par contre, on peut constater que beaucoup de webs, personnels ou professionnels,
sont restés «ouverts», ou ne mentionnent pas le boycottage. La
question est désormais de savoir combien d'internautes auront délibérément
boudé le réseau en ce jour de «grève». |
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